Moi
je m'appelle Jacques, j'ai 47 ans, marié avec deux enfants.
J'ai
lu ce que vous avez écrit au sujet de la fibromyalgie et de la
façon donc vous avez vécu votre calvaire.
Moi
je suis atteind de cette maladie depuis je ne sais plus quand,c'est comme arrivé peu à peu curieusement sans que je m'en rend
compte.
En
lisant votre histoire c'est comme si c'était la mienne que
je revivais. Je peux même dire que j'ai craqué à un moment
donné et que mes
larmes je ne pouvais plus les retenir.
Moi
aussi quand le matin arrivait je me demandais si j'allais
être capable de finir ma journée de travail.
Je
me disais je ne suis pas en forme et ça va passer un jour
ça ira mieux dans quelques temps.
Oui
certains jours je pouvais faire plein de choses et le lendemain
pouff, sans savoir pourquoi la fatigue prennait le dessus.
Certains
malaises commencèrent à apparaître comme le reflus gastrique,
ballonnement après avoir mangé, vertige, mains et pieds gelés,
syndrome de raynaud, perte de mémoire, insomnie, mal aux articulations
et muscles etc...
Jusqu'au
jour où je me suis rendu compte que j'avais de la difficulté
à monter et descendre les escaliers.
Tout
ceci à l'intérieur de 6 ans environs, et sans compter que j'avais
un hernis discale sérieux à la dernière vertèbre et une tendinite
à l'épaule droite.
Lorsque les jointures commencèrent à enfler et que je ne pouvais
plus tenir des objets un peu lourd dans les mains je suis
allé consulter mon médecin.
Lorsqu'il
m'a vu ,il m'a dis en riant tu as l'aire d'une personne de
95 ans.
Je
n'ai pas trouvé ça drôle! Il disait que je faisais soit de
l'artrose ou un bug du systeme qui ne reconnaisait plus mes
organes et que je me détruisais de par l'intérieur par mes
anti-corps.
J'ai pris de la cortisone et passer un lot de prises de sang,radioraphie
du cerveau, électroencéphalogramme,pour me faire dire que
tout était normal.
J'étais
sur le bord de la dépression, j'ai du arrêter de travailler,
je n'étais pas préparé à ça. Là c'est les problèmes financiers
qui
sont apparus.
La
famille aussi ça ne fonctionnait plus et l'entretien de la
maison que je ne pouvais même plus faire.
Le
médecin ne comprenait plus, il m'a donné des anti-dépresseurs,
des anti-inflamatoires, plus rien n'avait de sens pour moi.
J'avais
le goût d'en finir avec la vie, je ne voyais plus la lumiere
au bout du tunnel et un soir moi aussi j'ai presque passé
à l'acte.
C'est
quand j'ai passé devant la porte de chambre de ma fille que
j'ai réalisé que je ne pouvais pas lui faire cette peine.
Je
n'étais plus moi même, personne ne me comprenait même pas
mon épouse, plus rien de positif, j'étais seul à vivre cet
enfer.
C'est
là que j'ai découvert internet et le chatte avec des personnes,
là j'ai trouvé compréhension et compassion tout ce que je
n'avais pas dans mon entourage.
Ça
m'a redonné le goût de me battre.
J'ai
demandé à mon médecin de voir un spécialiste, il ne savait
de quoi je souffrais, il m'a donné rendez-vous à l'hôpital
St-Luc de
Montréal voir un médecin qu'il connait certaine maladie difficile
à diagnostiquer.
Deux
médecins, après m'avoir examiné, ont conclus que j'avais la
fibromyalgie et que seul le sommeil pouvait m'aider à reprendre
des forces.
Il
y a quatre phrases dans le sommeil et moi il me manquait le
sommeil profond, le plus important, qui m'empèchait de récupérer.
Avec
de bons médicaments pour dormir, j'ai recommencé à travailler
et à reprendre la vie du bon côté, à rencontrer d'autre fibromyalgiques
comme moi et à échanger.
Maintenant
que je sais de quoi je souffre et que mes limites sont bien
connues, je peux continuer, en faisant attention, à fonctionner
presque normalement.
Je
fais des exercices, d'étirements, de relaxation, de méditation
et c'est très bon.
J'ai
changé la facon de voir les choses, je regarde avec les yeux
du coeur et la colère j'ai oublié ça pour faire place à l'amour
de tout ce qui m'entoure.
C'est
pas toujours facile, mais avec mes amis, les vrais ,ceux à
qui je peux tout leur conter, je réussis à accepter ma condition.
J'en
ai pas beaucoup, mais ils sont là et je les aime et je crois
qu'eux aussi.
Je
me sens moins seul dans ce que je vie et la lumiere au bout
du
tunnel est maintenant très proche de moi.
Avec
ce que vous avec écrit, maintenant je peux faire comprendre
aux autres ce que je vie, parce que moi on me m'a jamais cru
quand je
disais que j'étais épuisé et que je ne pouvais suivre tout
le monde.
Encore
aujourd'hui il y a des journées ou je resterais couché, mais
faut que je me contrôle .
Dans
mes rencontres au CLSC avec d'autre atteind comme moi, j'ai
vu
que je n'étais pas seul et que certaines personnes souffraient
encore plus que moi.
Je
me disais que je suis encore chanceux de pouvoir travailler
encore.
Voilà
c'est mon histoire à moi , ce n'est qu'un résumé, elle est
différente un peu , mais elles se rejoingnent quand même en
grandes parties.
Je
vous souhaite le bonheur dans ce que vous vivez maintenant
et que le miracle soit a 100% pour vous.
Jacques
avec tout mon admiration.
Le
7 mai 2002
Mon cher Jacques, quel témoignage touchant
, je peux sentir les non-dit qui se cachent derrière
tout cela.
Tu as toute mon admiration car comme je le dis dans mon histoire,
je crois que pour les hommes c'est encore plus difficile à
traverser.
On
a une vision de l'homme fort sur lequel on peut compter.
J
'imagine ta douleur, celle qu'on ne voit pas mais qui est
toujours là et qui donne des bleus au coeur.
Merci
de m'avoir permis de mettre ton témoignages, il y a certainement
des personnes qui pourront bénéficier de ton expérience. Ta
petite fille est chanceuse d'avoir un père qui l'aime autant.
Amitiés
Will
_______________________________________________________

Christine
Bonjour à toi qui a allumé
une petite lueur d'espoir dans ma vie!
Depuis un peu plus d'un an que j'ai des
symptômes qui me rendent la vie difficile. J'ai consulté
un médecin de médecine générale
en février et celui-ci a diagnostiqué une dépression
profonde.
J'ai sorti du bureau découragée
avec une prescription d'anti-dépresseur (400mg par
jour) et des calmants pour dormir!!!!
Je ne cesse de répéter à
mon mari qu'il est impossible qu'une simple dépression
me donne autant de douleurs physiques et psychiques et voilà
que je tombe sur ton témoignage et je me reconnais.
J'ai beaucoup pleuré parce que j'étais
maintenant certaine que ma maladie n'était pas imaginaire.
JE NE SUIS PAS FOLLE!
Je compte voir un spécialiste qui
pourra me diagnostiquer. Merci!
Ma
chère Christine, j'ai des frissons partout et les larmes
dans les yeux,
Comme je te comprends, non tu n'es pas folle et en plus tu
n'es pas responsable de ce qui t'arrive.
Ne te laisse pas endormir par les anti dépresseurs
qui ne
règleront
pas le problème.
Ne
lâche pas ma fille, demande a être expertisée...
Bonne
chance, garde courage et redonne moi des nouvelles.

Combien
de personnes avec du coeur au ventre, vivent des
situations
presqu'identiques.
Ce
n'est parce qu'on ne trouve pas ce qui nous met dans cet
état
qu'il n'y a rien là.
Bien
sûr la Fatigue Chronique et la Fibromilgie ne font pas
mourir
mais si nous n'avons pas d'aide, elles nous en donne
le
goût.
Toujours,
il faut garder espoir et se rattacher à la vie par
tous
les moyens dont nous disposons.
Amitiés
Will