Au cours des
derniers jours, une correspondance s'est installée entre
Myriam et moi...
Je copie ici
quelques brides de cette correspondance...il faut que je coupe
un peu car ma modestie en prendrait un coup.
Ce que je vous
expose ici n'a pas pour but de me valoriser mais bien de constater
que quelques fois une bonne parole, une bonne action peut avoir
bien plus de répercussion qu'on pense.
Réaliser
aussi qu'une personne qui n'est pas respectée, qui n'est
pas crue ,peut en venir a douter de ses capacités et perdre
l'estime de soi.
Savoir aussi
que la distance n'a pas vraiment d'importance quand on veut vraiment
aider quelqu'un.
Les les récits
qui suivent vous trouverez tous ces éléments qui
se passent de commentaires.
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le 23 mai
Ma chère
Will
Ça me
touche beaucoup que tu prennes cette attention pour moi. Je ne
sais pas comment tu ferais si tu avais à parler à
tous les fibro ainsi !
Peut-être
le fais-tu chaque fois que tu le peux. Mais je te félicite.
Si tu savais
comme je suis touchée par ton message ! Je n'en reviens
pas encore.
Tu sais si j'ai coupé avec tout le monde, c'est un peu
comme tu dis si bien dans ton "Histoire". Si des gens
te jugent, t'enlèvent ton énergie, tu dois couper.
C'est une question de survie.
Mais si tu savais
tout ce que les gens autour de moi, m'ont fait ou dit depuis,
quand je ne savais même pas ce que j'avais. Il semble que
je sois SFC depuis mon enfance. Fibro, il semble aussi, pour la
tendance ou par période où je me battais pour continuer
soit à travailler, ou à m'occuper de mes enfants
sans que ça paraisse trop tellement j'avais peur que me
les enlève.
Leur père
n'attendait qu'un faux pas de ma part pour me tomber dessus. Déjà
dans sa frustration, il me promettait constamment de me détruire
et de me noircir partout où je passerais. Il n'aimait pas
que je réussisse, me piquait des crises pour un mot que
je disais et qu'il ne comprenait pas me disant que je faisais
exprès pour l'humilier.
Alors pour
les enfants, je sentais que je ne pouvais me permettre d'écart.
J'ai passé
un an au lit sans que personne ne s'en doute dans mon entourage
! Puis je me suis relevée et ai reparti une entreprise
dans le transport. Je réussissais très bien. Et
un jour je me suis retrouvée comme toi, à ne pouvoir
me lever pendant des jours. Ou juste faire mon café le
matin était un effort de concentration inouï. Alors
ne parlons pas du bain et tout le reste !
En plus d'essayer
de supporter les douleurs qui me clouent régulièrement
au lit. Je respire comme on l'apprend pour les accouchements,
pour supporter les douleurs sans bouger, pour ne pas provoquer
de plus grosses crampes. Ça peut durer des heures à
presque tous les jours. Je ne dois pas manger fatiguée,
sinon, je me retrouve au lit aussi.
Et faire mon
souper est suffisant pour me fatiguer.
En t'expliquant,
je vois bien que mon ami et toi avez raison. Mais j'ai tellement
souffert d'essayer de penser à me faire comprendre, ou
des réactions de mon entourage, que non, je n'ai plus d'espoir.
Et lutter sans
espoir je crois que c'est terrible.
Avant j'avais
les enfants, ou ma profession, ou mon travail, mon entreprise,
des copains et copines en grand nombre, beaucoup de sorties de
toutes sortes...
Mais maintenant,
du virtuel. Et encore ! J'ai une quinzaine de sites web qui sont
abandonnés depuis des mois !
Je passe très
peu de temps sur le net vu la douleur, les fièvres, la
fatigue. Mais trois amies du web m'ont sauvé la vie le
22 avril.
Elles ont pressenti
se sont donné le mot, elles m'ont téléphoné
car je refusais de leur parler sur le net.
À la
fin, j'ai commencé à sentir que j'étais un
être humain.
Car je ne savais
plus.
Vraiment plus.
Au début, je leur ai demandé de me respecter.
Ensuite, je
leur ai dit qu'elles n'étaient pas à ma place et
que le jour où elles seraient prêtes à changer
de vie avec moi, qu'elles pourraient parler.
Elles reconnaissaient
que ma vie n'était pas "viable", elles ont accepté
de ne pas me juger et de me respecter dans mes décisions
mais elles ont été là.
Je ne peux pas
dire que je leur sois reconnaissante de vivre, mais je leur dis
qu'elles se doivent ma vie.
Mais bon, merci
si tu m'as lu jusqu'ici ! Merci pour ton mot ce midi.
J'espère
que je ne te décourage pas de continuer à envoyer
des petits mots gentils à ceux qui souffrent.
Merci beaucoup,
ta générosité est exceptionnelle,
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24 mai
Je voudrais
te dire plein d'autres choses, mais la fièvre m'a reprise
et c'est très difficile de me tenir ici, sur cette chaise.
Sache que je suis très reconnaissante de tout ce que tu
fais, de tout ce que tu as réussi à si bien dire
sur ton site. Je me défie de retourner lire ta section
: "Ce que l'internet a fait pour moi".
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le 25 mai
Tu sais j'ai
passé l'hiver à ne pouvoir utiliser mon bras droit.
Et ce que je suis gauche déjà ! J'en ai fait des
dégâts.
Mais je piquais
des crises de larmes, car les dégâts, j'en avais
vraiment pas besoin ! Comment les ramasser ? Je me suis débrouillée,
mais comme tu sais... Vivre là-dedans !
Tu sais je veux retourner sur ton "histoire". Tu parles
de drôles de bibittes qui font pas ce qu'ils doivent dans
notre corps !
On peut investiguer
là-dessus ?
J'aimerais
mettre ces petits détails qui ont tant de pouvoir entre
les mains des universités ou de médecins qui ont
l'âme de sauveur, ou encore des chercheurs assoiffés
de découvrir le pouvoir de ces petites bibittes !
Bon, je déconne
un peu, mais c'est la seule raison valable qu'on me donnerait
de courir les bureaux de médecins. Car j'en ai marre d'eux.
Merci, je ne
m'attendais pas à recevoir des nouvelles de toi aujourd'hui.
C'est vraiment gentil de ta part. On dirait que certaines personne
supportent mieux que moi ces douleurs et fatigue ! Je me trompe
? J'ai l'impression que tu es plus malade que moi et que tu en
fais davantage ! Pourtant tu le fais par petites mesures comme
tu expliquais.
J'ai fait beaucoup
pendant toute ma vie. J'ai lutté sans même savoir
que je ne vivais pas comme les autres. Peut-être que la
dernière vraie "crise" me remettant au lit, a
entraîné tellement de conséquences qu'il faut
que je donne un peu de temps pour récupérer.
Je fais à
peine m'habituer comme je te disais à avoir un chez-moi.
J'ai trouvé vraiment épuisant, j'avais l'impression
de ne plus pouvoir souffler et encore fallait me battre.
Certains ont
toujours plus de chance dans leur malheur, mais ça ne rend
pas plus fort ! Enfin, je te félicite car tu donnes beaucoup.
Et d'avoir osé parler sans pudeur sur ton site, c'est un
bien dont la valeur est inestimable que tu nous donnes là.
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Dans mon livre d'or le 31 mai.
Ma chère
Wilda,
J'apprécie
ta générosité, ton dévouement ! Ton
témoignage est des plus réconfortant pour moi qui
a l'impression d'avoir passé les mêmes moments et
qui, encore, souffre souvent terriblement dans tout mon corps.
Tes attentions
sont délicates et si gentilles !Quand je prends tes fonds
pour mes courriels, y ajoutant un peu du mien, j'ajoute :sous
l'adresse de ton site :
Fond : Will,
une femme merveilleuse et généreuse, une artiste
extraordinaire qui peint ses uvres et les travaille ensuite
avec PSP. Elle a un site d'une fraîcheur très raffinée.
À visiter !!!
Je suis très
reconnaissante de te connaître chère Will, et je
remercie les deux personnes par lesquelles je t'ai connu.
J'espère
que tu vas bien aujourd'hui,Si permis, je vais continuer d'écrire
puisque je viens de lire les messages plus bas.
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Je mets ici
le message qui avait attiré mon attention.
Message du 23
mai
:
J'ai connu votre site par une amie qui a la même maladie
que vous.
Je viens d'apprendre
que le mois dernier, vous lui avez sauvez la vie.
En plus de
sa maladie, elle connaît le dénuement affectif et
financier et c'est parfois très dur.
Etant à
des milliers de kilomètres, je ne peux avoir qu'une présence
morale. Je fais ce que je peux mais me sens souvent impuissant.
Et, moi qui
suis bien portant, lorsque je vois ce que vous avez réalisé,
l'une comme l'autre, j'ai honte de ne pas faire plus.
Merci pour votre
action et pour tout ce que vous avez fait et ferez encore. Alain
Merci Alain...qui
a dit qu'Internet n'avait pas d'âme ?
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Message de Myriam
: encore dans le livre d'or du 31 mai
Merci Alain, trois amies m'ont sauvé la vie, dont une a
découvert, quelques semaines plus tard, le site de Will
et m'y a immédiatement référée.
Puis toi, qui
m'a mis en contact avec elle. Merci de tout mon coeur.
Je n'ai pu tout
lire sans risquer de perdre cette page.
Alors bon courage
à tous ceux qui souffrent.
Ne restez pas
seuls, même s'il faut éloigner les gens qui nous
jugent et comprennent si peu, qu'ils nous détruisent davantage.
Et insistons
pour que les médecins nous soignent.
Il ne faut
pas leur laisser penser que nous allons accepter leurs diagnostics
à la noix. Il faut leur dire que s'ils ne SAVENT pas nous
soigner, qu'ils nous réfèrent à ceux qui
savent.
C'est le minimum
qu'ils doivent faire. Je dirais aussi, évitez les anti-dépresseurs
et veillez aux médicaments prescrits qui souvent empirent
nos situations déjà suffisamment souffrantes.
Je vous embrasse